Origine botanique et géographique
Le mot anglais hemlock désigne deux plantes qui n’ont rien en commun :
- le tsuga, un conifère de la famille des Pinaceae dont plusieurs espèces poussent en Amérique du Nord. C’est lui que nomme la parfumerie. Au Canada francophone, on l’appelle pruche, et en France plutôt tsuga ;
- la ciguë, Conium maculatum, une plante herbacée toxique de la famille des carottes, les Apiaceae. C’est le poison que but Socrate, et elle n’a aucun emploi en parfumerie.
Le nom anglais, d’abord celui de la ciguë, a été étendu au conifère nord-américain au XVIIIᵉ siècle. Le mot français pruche viendrait d’une altération de Prusse, dans l’expression sapin de Prusse. L’Académie française le définit comme le nom donné, au Canada, à certains conifères d’Amérique du Nord dont les aiguilles dégagent une odeur fétide quand on les froisse.
Deux espèces sont les mieux connues : Tsuga canadensis, la pruche du Canada, et Tsuga heterophylla, la pruche de l’Ouest.
Profil olfactif
Ormonde Jayne, qui en a fait sa matière signature, ne publie pas de description détaillée de son odeur. Les fiches techniques disponibles portent sur l’huile essentielle d’aiguilles de Tsuga canadensis. Elles décrivent une odeur d’aiguilles de sapin, boisée, herbacée et terpénique.
Dans Ormonde Woman, la maison associe ce qu’elle nomme black hemlock à la violette et à l’absolue de jasmin, sur un fond de vétiver, de cèdre, d’ambre et de santal. Le parfum est classé parmi ses boisés.
Caractéristiques clés
Production et extraction
Deux formes de la matière sont citées, et les sources ne concordent pas :
- une huile essentielle, distillée à la vapeur à partir des aiguilles et des rameaux de Tsuga canadensis. C’est la seule forme que décrivent les catalogues de matières premières consultés ;
- une absolue, que déclare Ormonde Jayne pour Ormonde Woman. La maison ne nomme pas l’espèce dont elle est tirée, et nous n’avons trouvé aucun fabricant qui documente une absolue de tsuga.
L’appellation commerciale ajoute une difficulté. Les catalogues vendent aussi l’huile de pruche du Canada sous le nom de spruce oil, qui désigne d’ordinaire les épinettes, du genre Picea.
Ormonde Jayne présente enfin le hemlock comme un sapin. Botaniquement, le tsuga appartient bien à la famille des Pinacées, mais il forme un genre distinct de celui des sapins, Abies.
Histoire en parfumerie
La pruche entre dans la parfumerie de niche par Ormonde Jayne. Aux débuts d’Ormonde Jayne, la maison de composition grassoise Expressions Parfumées transmet à Linda Pilkington sa liste d’huiles de spécialité, des matières produites en trop petite quantité pour les grandes maisons. Le black hemlock figure en tête de cette liste.
Elle en fait la matière d’Ormonde Woman, lancé en 2002 et devenu le parfum signature de la maison. Elle la reprend en 2004 dans Ormonde Man, où elle rencontre l’oud. La fondatrice dit avoir aimé le double sens du mot anglais, qui évoque aussi la ciguë de Socrate.
Hors d’Ormonde Jayne, aucune source de référence consultée ne retrace l’emploi de la matière en parfumerie fine.
Parfums emblématiques
Deux parfums dont la maison déclare la matière.
| Année | Maison | Parfum | Rôle |
|---|---|---|---|
| 2002 | Ormonde Jayne | Ormonde Woman | Black hemlock au cœur, avec la violette et l’absolue de jasmin. |
| 2004 | Ormonde Jayne | Ormonde Man | Black hemlock au cœur, avec l’oud. |
Questions courantes
Voir aussi
Sources
- Ormonde Jayne, page officielle d’Ormonde Woman
- Ormonde Jayne, page officielle d’Ormonde Man
- Ormonde Jayne, site officiel, chronologie de la maison
- Merriam-Webster, article « hemlock »
- Dictionnaire de l’Académie française, 10ᵉ édition, article « pruche »
- Office québécois de la langue française, Grand dictionnaire terminologique, fiche « pruche de l’Ouest »
- Bibliothèque nationale de France, référentiel RAMEAU, vedette « Tsugas »
- Ville de Québec, fiche de la pruche du Canada
- The Good Scents Company, fiche de l’huile de feuilles de Tsuga canadensis
- The Good Scents Company, fiche de l’huile de pruche du Canada
- Linda Pilkington, fondatrice d’Ormonde Jayne, entretien avec Osmetheca, 1er septembre 2026