L’essentiel
Le méthyleugénol est restreint par l’IFRA depuis le 28ᵉ amendement (2001) en raison de son potentiel cancérogène. Classé cancérogène de catégorie 2 par l’IARC (Centre International de Recherche sur le Cancer) sur la base d’études animales, le méthyleugénol est limité à 0,01-0,1 % selon les catégories cosmétiques.
Le méthyleugénol est présent en trace (0,1 à 1 %) dans plusieurs huiles essentielles : clou de girofle (jusqu’à 1,5 %), basilic exotique (3-8 %), fenouil, muscade, anis étoilé, carotte. Les huiles essentielles de qualité parfumerie sont sélectionnées pour leur faible teneur en méthyleugénol. Le débat scientifique reste actif sur la pertinence du classement IARC (études animales utilisaient des doses élevées non comparables à l’exposition parfumée), mais les régulations restent en place par principe de précaution. Voir la fiche détaillée.
Une molécule classée cancérogène et génotoxique
Le méthyleugénol est une molécule présente naturellement dans plusieurs huiles essentielles : rose, basilic, estragon, muscade, anis. Elle est restreinte depuis le Règlement européen (CE) n° 1334/2008 sur les arômes alimentaires, puis confirmée pour la cosmétique par les avis successifs du SCCNFP devenu SCCS. La raison est sa classification comme cancérogène et génotoxique chez l’animal, avec un mécanisme d’action qui ne permet pas d’établir un seuil sûr.
En cosmétique, la Directive européenne 76/768/CEE puis le Règlement (CE) 1223/2009 imposent des seuils extrêmement bas : 0,01 % en parfum fin, 0,004 % en eau de toilette, 0,002 % en autres produits non rincés. Ces seuils sont si restrictifs qu’ils contraignent l’usage de toute essence de rose, basilic ou muscade contenant naturellement du méthyleugénol au-dessus de la trace.
Restrictions cumulées IFRA et Union européenne
L’IFRA aligne ses Standards sur cette double pression scientifique et réglementaire. La restriction concerne à la fois la molécule isolée et les huiles essentielles qui en contiennent. Les parfumeurs travaillant la rose doivent désormais privilégier des fractions purifiées (rose à teneur réduite en méthyleugénol) ou des reconstitutions synthétiques utilisant les principaux constituants aromatiques (phényléthanol, citronellol, géraniol) sans la molécule problématique.
Pour Osmetheca, le méthyleugénol illustre la complexité du dossier des naturels en parfumerie : un naturel n’est pas par essence inoffensif, et certaines molécules issues des plantes posent des problèmes toxicologiques sérieux. Sources : SCCS, Règlement (CE) 1223/2009, ifrafragrance.org.
Voir aussi
Cette fiche fait partie du silo IFRA, reformulations, vintage de la FAQ Osmetheca. Le développement éditorial complet sera publié progressivement.