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Histoire de la maison
En 1858, le maître tailleur Josef Kniže, originaire de Bohême, reprend à Vienne (Autriche) l’atelier de Josef Einsle, à l’emplacement de l’actuel Tuchlauben 7. Il habille d’abord pour le sport, l’équitation et la livrée. En 1873, la maison reçoit la médaille du progrès à l’Exposition universelle de Vienne. Un an plus tard, elle obtient le droit de porter le titre de tailleur de cour ottoman et persan.
En 1875, l’affaire s’installe Am Hof 3. En 1888, Knize reçoit le titre de tailleur de la cour impériale et royale, et Albert Wolff, associé depuis 1885, en devient le seul propriétaire. Il installe la maison en 1895 au Graben 13, son adresse d’aujourd’hui. En 1904, l’entreprise prend le nom de Knize & Comp.
En 1910, l’architecte Adolf Loos redessine la boutique et sa façade. Le portail étroit, en granit noir poli, porte trois blasons de fournisseur de cour, et le mobilier, les vitrines et les luminaires sont tous de sa main. La maison écrit que la boutique du Graben est restée presque inchangée. Loos signe aussi les succursales de Karlsbad, aujourd’hui Karlovy Vary (Tchéquie), en 1921, de Berlin (Allemagne) en 1924 et de Paris (France) en 1927 et 1928.
La boutique parisienne s’ouvre au 149 avenue des Champs-Élysées, et celle de Prague (Tchéquie) est dessinée par Heinrich Kulka, collaborateur de Loos. Knize ajoute la lingerie en 1915, puis le commerce de détail pour hommes en 1922. La même année, la famille Wolff engage le graphiste Ernst Dryden, qui fait de Knize une marque de mode masculine moderne.
C’est à cette époque qu’apparaît Knize Ten, une gamme de soins pour hommes autour d’une eau de toilette de cuir. Le chiffre renvoie au polo, dont dix points sont le handicap le plus élevé, et doit symboliser la plus haute élégance. Le joueur de polo du logo d’origine a plus tard été racheté par Ralph Lauren.
La maison cite volontiers ses clients artistes. Oskar Kokoschka payait ses costumes en tableaux, et Knize a cousu des chemisiers pour Marilyn Monroe, des chemises pour Kurt Tucholsky et des pantalons de ski pour Joséphine Baker. Marlene Dietrich y faisait tailler les fracs de ses spectacles.
En 1935, la famille Wolff renomme l’entreprise Wolff-Knize, puis ouvre en 1937 une succursale à Bad Gastein (Autriche). Persécutée en raison de ses origines juives, elle doit quitter l’Autriche en 1938, pour Paris puis New York (États-Unis). L’affaire viennoise est « aryanisée » en octobre 1938 et restituée en 1946. À New York, la famille ouvre en 1941 une boutique dans la 56e Rue, où d’anciens clients exilés la suivent.
La guerre détruit la boutique de Berlin, et le rideau de fer coûte à Knize ses succursales de Karlsbad et de Prague. La boutique de Paris ferme en 1972, celle de New York en 1974. En 1976, Rudolf Niedersüß, ancien apprenti de la maison, entre au capital. En 1978, il fusionne avec Knize & Comp. le tailleur C. M. Frank, ancien fournisseur de la cour, qui lui appartient.
Knize ouvre en 1984 une boutique de confection pour hommes dans la Bräunerstraße et agrandit le Graben en 1989. En 1992 et 1993, l’architecte Paolo Piva aménage les nouveaux salons de l’étage, en reprenant l’ancienne librairie Krey voisine, et les salons de Loos restent intacts. Une succursale rouvre à Prague en 2012 et ferme en 2020.
Aujourd’hui, l’atelier du Graben coud toujours à la main costumes et accessoires sur mesure. La maison a demandé en 2020 l’inscription de sa confection de frac sur mesure au patrimoine culturel immatériel, et l’élément figure à l’inventaire national autrichien depuis 2021. En juin 2025, Rudolf Niedersüß est présenté comme le propriétaire et le maître coupeur de la maison, et Claudia Niedersüß comme sa responsable de la communication.
Boutiques et points de vente
Au 6 novembre 2026, la maison liste deux adresses à Vienne (Autriche), toutes deux dans le 1er arrondissement : le salon de grande mesure et de prêt-à-porter du Graben 13, et la boutique de la Bräunerstraße 1. Les parfums et les soins Knize se vendent aussi sur la boutique en ligne de la maison. Osmetheca est un site éditorial et ne vend pas de parfum.
Les collections
Knize n’est pas une maison de parfum au sens strict : ses eaux de toilette sont nées dans une maison de mode, comme le prolongement du vestiaire. Sa boutique en ligne range ses produits en deux familles, les parfums et soins pour hommes d’un côté, les parfums pour femmes de l’autre. Au 6 novembre 2026, la base Parfumo recense quinze références Knize, après-rasage compris.
La ligne Knize Ten
Autour de l’eau de toilette, la maison décline Knize Ten en après-rasage, déodorant, savon de bain, savon à barbe en bol de bois, mousse pour le bain et soin du visage et du corps. Knize Ten Golden Edition, une autre eau de toilette de cuir, ouvre sur le genévrier, le galbanum et l’ylang-ylang. La maison la décrit comme plus tenace et plus intense que le Knize Ten classique.
Knize Two, Knize Forest et Knize Sec
Knize Two est un parfum masculin vert : citron, feuilles vertes, galbanum et néroli, puis violette, jasmin, muguet et rose, sur cèdre, patchouli, mousse de chêne, musc et ambre. Knize Forest est frais, épicé et balsamique, du romarin et de la sauge au vétiver et au labdanum. Knize Sec figure au catalogue de la maison, épuisé au 6 novembre 2026.
Lady Knize
Lady Knize, la ligne féminine, existe en eau de parfum et en eau de toilette. La maison la décrit comme un floral classique : rose en tête, coriandre et clou de girofle au cœur, santal et musc en fond. L’eau de toilette date de 1938.
Parfums emblématiques
La maison ne nomme aucun parfumeur sur ses pages produit et ne date pas ses parfums. Knize Ten se situe dans les années 1920, en 1924 ou en 1925. Il est attribué à Vincent Roubert, parfumeur associé à Coty pour L’Or et L’Aimant, et François Coty y est parfois associé.
| Année | Parfum | Parfumeur | Accord |
|---|---|---|---|
| Années 1920 | Knize Ten | Vincent Roubert (attribution usuelle) | Cuir, agrumes et œillet |
| 1938 | Lady Knize | Non communiqué | Floral, rose et épices |
| 1978 | Knize Two | Non communiqué | Vert, galbanum et néroli |
| 1987 | Knize Sec | Non communiqué | Non établi |
| 1993 | Knize Forest | Non communiqué | Aromatique épicé, balsamique |
| 2000 | Knize Ten Golden Edition | Non communiqué | Cuir, genévrier et ciste |
| 2000 | Belle Epoque | Non communiqué | Non établi |
Signature olfactive
La signature de Knize est celle d’un tailleur : des eaux de toilette masculines, sèches et nettes, pensées pour accompagner un costume. Le cuir en est le centre, avec Knize Ten et sa Golden Edition. Autour, les registres vert (Knize Two) et aromatique (Knize Forest) restent ceux de la parfumerie masculine classique.
La maison résume Knize Ten par son « caractère âpre » et sa « rare note de cuir ». Son ouverture d’agrumes et de romarin, son cœur d’œillet et d’iris et son fond d’ambre, de musc et de castoréum en font un cuir poli plutôt qu’un cuir goudronné. Je le range parmi les repères de la famille cuir des années 1920, avec Tabac Blond de Caron et Cuir de Russie de Chanel.
Knize, c’est un parfum né chez un tailleur : un cuir sec et poli, coupé pour le costume, dans une boutique qu’Adolf Loos a dessinée et que le temps a presque épargnée.
Caractéristiques clés
Questions courantes
Voir aussi
Pour prolonger la lecture, voici les entrées Osmetheca liées à Knize. On y trouve la fiche de Knize Ten, l’article du Journal sur les parfums de cuir et de tabac, la famille cuir et ses matières, et les cuirs de la même époque.
Sources
- Knize, « KNIZE schreibt Modegeschichte, seit 1858 » (fondation, Graben 13, Adolf Loos, succursales, Ernst Dryden, Knize Ten, clients, Wolff-Knize, Rudolf Niedersüß, Paolo Piva), consultée le 6 novembre 2026
- Knize, page « Kontakt » (Graben 13 et Bräunerstraße 1, Vienne), consultée le 6 novembre 2026
- Knize, page « Toiletries » (catalogue des parfums et soins en vente), consultée le 6 novembre 2026
- Knize, page officielle Knize Ten Toilet Water (description, notes), consultée le 4 novembre 2026
- Knize, page officielle Knize Ten Golden Edition (description, notes), consultée le 6 novembre 2026
- Knize, page officielle Knize Two (description, notes), consultée le 6 novembre 2026
- Knize, page officielle Knize Forest (description, notes), consultée le 6 novembre 2026
- Knize, page officielle Lady Knize (eau de parfum et eau de toilette, notes), consultée le 6 novembre 2026
- Knize, conditions générales de vente (raison sociale Knize & Comp. „C.M. Frank“), consultées le 6 novembre 2026
- Wien Geschichte Wiki (Ville de Vienne), « Knize Herrenausstatter » (1858, Tuchlauben, Am Hof, Graben 13 en 1895, Adolf Loos en 1910, titres de cour, logo, 1938 et 1946), dernière modification le 30 juin 2025
- WienTourismus (office de tourisme de Vienne), « Düfte aus Wien » (nom de Knize Ten et polo), consulté le 4 novembre 2026
- Commission autrichienne pour l’UNESCO, « The Custom Tailoring of Men’s Full Evening Dress » (inscription en 2021, contact Knize & Comp.), consultée le 6 novembre 2026
- Sven Raphael Schneider, « Kniže & Co.: A First-Hand Look at Vienna’s Most Storied Tailor », Gentleman’s Gazette, 29 juin 2025 (Rudolf Niedersüß propriétaire et maître coupeur, Claudia Niedersüß)
- Sven Raphael Schneider, « Knize & Impressions from Vienna », Gentleman’s Gazette, 18 décembre 2012 (vêtements de sport, d’équitation et livrées, Ernst Deutsch-Dryden, C. M. Frank)
- Wikipédia (anglais), « Kniže & Comp. » (Albert Wolff associé en 1885, Rudolf Niedersüß ancien apprenti), consultée le 6 novembre 2026
- Parfumo, page de la marque Knize (quinze références, années des parfums), consultée le 6 novembre 2026
- Carmencanada, « Knize Knize Ten: fragrance review », Perfume Shrine, 23 novembre 2010 (1924, Vincent Roubert)
- Parfumo, fiche Knize Ten (Toilet Water) (1925, François Coty et Vincent Roubert), consultée le 4 novembre 2026