Histoire de la maison
Lubin est fondée en 1798 à Paris (France) par Pierre-François Lubin. La boutique ouvre rue Sainte-Anne, puis s’installe rue du Faubourg-Saint-Honoré. La fondation intervient juste après la Révolution, dans un Paris où la parfumerie de luxe se reconstruit et où une nouvelle clientèle issue du Directoire renoue avec les usages aristocratiques.
Sous le Consulat puis l’Empire, Pierre-François Lubin figure parmi les fournisseurs documentés de la cour impériale. Plusieurs sources historiques sur la parfumerie française mentionnent la maison comme fournisseur de Napoléon Bonaparte et de son entourage. Cette ancrage impérial inscrit Lubin dans la lignée des grandes enseignes parfumées parisiennes du début du XIXᵉ siècle.
Au cours du XIXᵉ siècle, Lubin développe son rayonnement à l’étranger, avec une présence documentée en Angleterre, en Russie et aux États-Unis. La maison se positionne sur les eaux de toilette, les eaux de Cologne et les compositions florales caractéristiques de la parfumerie française classique. Elle traverse les Expositions universelles parisiennes et figure parmi les enseignes parfumées de référence dans la presse spécialisée du Second Empire et de la Troisième République.
Le XXᵉ siècle est plus contrasté : la maison connaît plusieurs changements de propriétaires, des phases d’éclipse commerciale et un repli progressif, comme une partie des maisons historiques françaises confrontées à la montée des marques industrielles puis des grandes maisons de couture. Quelques créations marquantes du milieu du siècle, comme Nuit de Longchamp (lancé dans les années 1930) ou Gin Fizz (lancé dans les années 1950), maintiennent toutefois la signature de la maison dans le paysage français.
Au début des années 2000, la maison est relancée sous la direction de Gilles Thévenin, qui engage un travail de relecture du patrimoine. Le projet éditorial combine rééditions raisonnées de classiques et créations contemporaines. Cette renaissance positionne Lubin sur le segment de la parfumerie de niche internationale, avec un catalogue articulé autour de la mémoire de la parfumerie de cour et d’Empire.
Parfums emblématiques
Le catalogue contemporain de Lubin associe rééditions du patrimoine et créations nouvelles confiées à des parfumeurs identifiés. Voici sept compositions de référence, documentées par plusieurs sources convergentes (site officiel de la maison, Fragrantica, Basenotes, Parfumo).
| Année | Parfum | Parfumeur | Famille olfactive |
|---|---|---|---|
| 1934 | Nuit de Longchamp | Création de la maison | Floral aldéhydé |
| 1955 | Gin Fizz | Création de la maison | Hespéridé floral |
| 2005 | Idole de Lubin (eau de parfum) | Création de la maison | Boisé épicé |
| 2011 | Black Jade | Création de la maison | Floral oriental |
| 2010 | Korrigan | Création de la maison | Gourmand boisé |
| 2012 | Akkad | Création de la maison | Oriental résineux |
| 2015 | Épidor | Création de la maison | Ambré gourmand |
Signature olfactive
Lubin construit sa signature autour d’un classicisme français de tradition, qui prolonge l’héritage de la parfumerie de cour et d’Empire au sein d’un catalogue contemporain. Les axes structurants sont les compositions florales aldéhydées héritées des classiques des années 1930 à 1950, les hespéridés structurés dans la lignée de Gin Fizz, et un versant plus oriental et boisé développé depuis la relance des années 2000.
Le travail mené depuis la reprise de la maison cultive un dialogue entre fonds patrimonial et créations actuelles. La maison signe des compositions contemporaines en restant fidèle à ses axes historiques. Cette signature contemporaine combine fidélité à la tradition française et lecture moderne des grands axes de la parfumerie classique.
Caractéristiques clés
Questions courantes
Voir aussi
Sources et méthodologie
Cette fiche a été composée par croisement de sources autoritaires publiques sur l’histoire de la parfumerie. Chaque fait factuel (date de fondation, fondateur, ancrage parisien, présence comme fournisseur de la cour impériale) est confronté à trois sources convergentes minimum. Les attributions individuelles de compositions à des parfumeurs spécifiques ne sont conservées qu’en présence d’une documentation publique convergente, et n’apparaissent pas dans cette fiche lorsque le seuil n’est pas atteint.