Histoire de la maison
Robert Piguet est né le 6 mars 1898 à Yverdon-les-Bains (Suisse), dans une famille de banquiers vaudois. Initialement destiné à la finance comme son père, il choisit la mode et quitte la Suisse pour Paris (France) à la fin des années 1910. Il commence sa carrière chez Redfern puis chez Paul Poiret, deux maisons parisiennes majeures du début du XXᵉ siècle.
En 1933, Robert Piguet fonde sa propre maison de couture à Paris, d’abord rue du Cirque puis au Rond-Point des Champs-Élysées. Sa maison devient rapidement l’une des plus en vue de la capitale dans les années 1930 et 1940. Piguet est connu pour avoir formé deux figures qui deviendront fondatrices : Christian Dior, qui dessine trois collections chez lui à partir de 1937, et Hubert de Givenchy, qui débute également dans son atelier.
La maison entre en parfumerie pendant la Seconde Guerre mondiale. Piguet rencontre la parfumeuse Germaine Cellier, première grande parfumeuse femme du XXᵉ siècle, et engage avec elle une collaboration qui définira l’identité olfactive de la maison. Bandit est lancé en 1944, conçu comme prolongement d’une collection couture sur le thème du Bad Boy, avec des mannequins portant des masques de bandit. Fracas suit en 1948, construit autour de la tubéreuse. Entre les deux, Visa est lancé en 1945, également par Germaine Cellier. Baghari, dernier parfum présenté avant le retrait de Piguet, paraît en 1950, signé par le parfumeur Francis Fabron.
La maison de couture ferme ses portes en 1951. Robert Piguet se retire alors en Suisse et décède à Lausanne le 22 février 1953. Les archives de couture, environ trois mille dessins originaux, photographies et documents, sont aujourd’hui conservées par le Musée suisse de la Mode à Yverdon-les-Bains, qui lui a consacré une exposition en 2005. La marque parfumerie traverse plusieurs propriétaires successifs au cours des décennies suivantes, dans une période d’éclipse commerciale.
La relance contemporaine est portée par Fashion Fragrances & Cosmetics, société américaine qui acquiert la marque dans les années 1990 et engage une réédition progressive des classiques à partir de 1998, avec la mention « original formula, certified by Givaudan ». Le directeur créatif Joseph Garces pilote cette relance. À partir du milieu des années 2000, le parfumeur Aurélien Guichard (Givaudan) devient le nez attitré de la maison. Il reformule Visa, Baghari, Futur et Calypso, puis signe de nouvelles créations à partir de 2010 (Calypso, Petit Fracas, Mademoiselle Piguet et plusieurs autres).
Parfums emblématiques
Le catalogue Robert Piguet articule deux blocs : les compositions historiques de l’âge couture, rééditées et certifiées par Givaudan, et les créations contemporaines portées par Aurélien Guichard. Voici neuf parfums marquants de la maison.
| Année | Parfum | Parfumeur | Famille olfactive |
|---|---|---|---|
| 1944 | Bandit | Germaine Cellier | Cuir chypré vert |
| 1945 | Visa | Germaine Cellier | Chypré fruité |
| 1948 | Fracas | Germaine Cellier | Floral tubéreuse |
| 1950 | Baghari | Francis Fabron | Floral aldéhydé ambré |
| 1960 | Futur | Composition d’origine, reformulée par Aurélien Guichard | Floral vert |
| 1963 | Cravache | Composition d’origine, reformulée par Aurélien Guichard en 2007 | Aromatique boisé |
| 2010 | Calypso | Aurélien Guichard | Floral oriental |
| 2012 | Petit Fracas | Aurélien Guichard | Floral fruité |
| 2012 | Mademoiselle Piguet | Aurélien Guichard | Floral musqué |
Signature olfactive
La signature Robert Piguet s’organise autour de deux pôles fondateurs, tous deux signés par Germaine Cellier. Bandit (1944) installe un cuir vert structuré par le galbanum en tête, la mousse de chêne et le cuir en fond, avec des modifications florales nettes (jasmin, œillet, violette). Fracas (1948) bâtit son architecture autour d’une tubéreuse opulente associée au jasmin, à la fleur d’oranger et au santal, et reste cité par la presse spécialisée en parfumerie comme une référence majeure du genre.
Cette double signature situe Robert Piguet dans l’école française historique de l’immédiat après-guerre, aux côtés des maisons couturier-parfumeur parisiennes (Jean Patou, Pierre Balmain, Jeanne Lanvin) qui ont façonné les codes olfactifs des années 1940 et 1950. La relance contemporaine, portée par Aurélien Guichard, conserve cet ancrage tout en proposant des relectures plus modernes (Petit Fracas, Mademoiselle Piguet) qui assument la filiation sans pasticher l’original.
Caractéristiques clés
Questions courantes
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Sources et méthodologie
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- Robert Piguet Parfums : site officiel (consulté le 17 mai 2026)
- Wikipedia : Robert Piguet (consulté le 17 mai 2026)
- Encyclopædia Universalis : Robert Piguet, biographie
- Dictionnaire historique de la Suisse : Robert Piguet
- Musée suisse de la Mode : fonds Robert Piguet
- Fragrantica : Robert Piguet (catalogue parfums)
- Basenotes : critiques et notices Robert Piguet
- Parfumo : Robert Piguet
- Wikipedia : Fracas (perfume)
- Now Smell This : critiques compositions Robert Piguet