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Histoire
Lascia ch'io pianga est la onzième fragrance de la collection UNUM, la première ligne olfactive de Filippo Sorcinelli, née en 2013 dans le prolongement de son atelier de vêtements sacrés. Comme souvent chez la maison, l'étincelle initiale est musicale : la décoration du flacon reprend le pentagramme, et le nom cite l'aria Lascia ch'io pianga, l'un des airs les plus célèbres de Georg Friedrich Haendel, tiré de son opéra Rinaldo créé à Londres en 1711.
Mais la maison prévient : la musique n'est que la genèse. Le projet s'ouvre sur un thème bien plus vaste, la conquête d'un don précieux que chaque être humain possède et qui, aujourd'hui plus que jamais, devient une valeur fondamentale : la liberté. Filippo Sorcinelli veut raconter la difficile conquête de cet absolu, loin des multiples servitudes que sont les modes, la publicité et les préjugés.
L'image olfactive est celle d'une course sur une route droite, tracée à travers une étendue symboliquement verte qu'indique une lune. Cette lune accompagne et baigne les visages d'une lumière chaude et enveloppante. On ne prend conscience de l'importance de la liberté, dit la maison, que lorsqu'elle vient à manquer, et c'est à travers l'expérience de chacun que l'on franchit la limite des préjugés.
La liberté que chante Lascia ch'io pianga n'est pourtant pas l'arbitraire : elle compose toujours avec les droits et les valeurs. C'est ce chant nouveau qui rend conscient des limites, ce soupir lointain qui dénoue les incertitudes pour désigner enfin la vocation. Le parfum se range parmi les compositions les plus aimées de la collection ; les amateurs le classent dans la famille des florals verts.
Évolution harmonique
Filippo Sorcinelli est organiste ; il n'écrit pas ses parfums en pyramide de volatilité mais en partition. Lascia ch'io pianga se lit donc en trois mouvements, sujet, contre-sujet et coda, tels que la maison les publie sous le titre d'évolution harmonique.
Le sujet est un grand bouquet blanc, où le lilas et le jasmin donnent la clarté, le gardénia et l'ylang-ylang l'opulence, l'iris la profondeur poudrée. La tubéreuse et l'œillet, en contre-sujet, charnus et légèrement épicés, empêchent la fraîcheur florale de tourner à la mièvrerie. La coda de baume de Tolu et de muscs referme le tout sur une chaleur enveloppante, celle de la lune du récit.
Profil olfactif
Lascia ch'io pianga est un floral ample et lumineux, mais jamais sucré. Dès l'ouverture, le bouquet blanc s'installe en pleine lumière : le lilas apporte sa fraîcheur verte, le jasmin et le gardénia leur velouté, et l'iris tient l'ensemble par une profondeur poudrée qui l'empêche de flotter. On est loin du soliflore décoratif ; c'est un bouquet construit, avec de la matière.
Le contre-sujet donne au parfum sa densité. La tubéreuse charnue et l'œillet épicé ajoutent une chair et un relief qui rappellent que la liberté chantée ici est une conquête, pas une facilité. Cette tension entre la clarté des fleurs blanches et la chaleur charnue du cœur fait tout le caractère du parfum.
La base scelle le mouvement. Le baume de Tolu enveloppe les fleurs d'une résine douce et légèrement balsamique, tandis que les muscs prolongent le sillage d'une chaleur discrète et enveloppante. La tenue est longue, comme il sied à un extrait ; le sillage, présent sans être démonstratif, laisse derrière lui la trace d'un bouquet qui refuse de se refermer.
« La musique qui émeut, qui descend comme des larmes pour faire naître le désir de liberté : l'aria du Rinaldo de Haendel, Lascia ch'io pianga. »Filippo Sorcinelli, à propos de Lascia ch'io pianga
Caractéristiques clés
Quand et où le porter
Lascia ch'io pianga est un floral de pleine saison et de pleine lumière. Son bouquet blanc s'épanouit au printemps et en été, le jour comme le soir, dans les occasions où l'on veut porter une fleur assumée. Sa base de Tolu et de muscs lui permet aussi de tenir les demi-saisons ; en plein hiver, il réchauffe les jours gris d'une chaleur florale.
Repères d’usage
Adéquation par saison
| Saison | Adéquation | Notes critiques |
|---|---|---|
| Printemps | ★★★★ | Saison de prédilection, le bouquet monte en pleine lumière. |
| Été | ★★★★ | La fleur blanche s'épanouit dans la chaleur. |
| Automne | ★★★☆ | La base de Tolu réchauffe la demi-saison. |
| Hiver | ★★★☆ | Une chaleur florale contre les jours gris. |
Adéquation par contexte
| Contexte | Adéquation | Recommandation d’usage |
|---|---|---|
| Sortie, dîner | ★★★★ | Un floral assumé, présent sans crier. |
| Cérémonie | ★★★★ | Lumineux et digne à la fois. |
| Journée | ★★★☆ | Un bouquet clair, porté sans effort. |
| Soirée | ★★★★ | La base musquée porte le soir. |
| Bureau partagé | ★★★☆ | À doser ; le bouquet est ample. |
Parfums proches
Le grand bouquet blanc, construit et chaleureux, a ses voisins ; quelques-uns partagent sa densité florale ou sa parenté avec la maison.
| Parfum | Maison · année | Pourquoi proche |
|---|---|---|
| Rosa Nigra | Filippo Sorcinelli · 2015 | Le floral musqué de la collection UNUM, paraphrase de l'Assomption ; une autre fleur portée par le musc, plus rosée là où Lascia ch'io pianga est blanche. |
| ORGAN #1 · The Chapel of Gladioli | Filippo Sorcinelli · 2026 | Le floral d'église de la maison, tubéreuse et fleur d'oranger ; une fleur tenue par la pierre, proche cousine de ce bouquet. |
| Carnal Flower | Frederic Malle · 2005 | La grande référence de la tubéreuse charnelle ; à confronter à l'ampleur verte et poudrée de Lascia ch'io pianga. |
Questions courantes
Voir aussi
Sources
- Document officiel Filippo Sorcinelli, fiche Lascia ch'io pianga (éditions italienne et anglaise)
- Dossier de presse Filippo Sorcinelli Fragrances 2026 (collection UNUM)
- Filippo Sorcinelli, page officielle Lascia ch'io pianga
- Fragrantica, fiche Lascia ch'io pianga (année de sortie 2022)
- Parfumo, fiche Lascia ch'io pianga
