Atelier de parfumerie, rangée de flacons
Image d’illustration · à remplacer

Parfumeur · École française

Olivia Giacobetti

Parfumeuse française née en 1966, Olivia Giacobetti signe Premier Figuier pour L’Artisan en 1994 et Philosykos pour Diptyque en 1996. En 2003, elle fonde IUNX avec le soutien de Shiseido.
Née en · 1966
Origine · France
Maison fondée · IUNX, 2003
Maisons signataires · L’Artisan, Diptyque, Hermès, Lubin

Formation et parcours

Née en 1966 en France, Olivia Giacobetti raconte avoir décidé de devenir parfumeuse à neuf ans, après avoir vu Yves Montand interpréter un nez dans le film Le Sauvage de Jean-Paul Rappeneau (1975). Cette vocation précoce la conduit, dès l’âge de seize ans, à pousser la porte d'Annick Goutal, qui vient alors de lancer sa propre maison à Paris. Elle y découvre le métier dans une structure encore artisanale, à un moment où la parfumerie de niche française commence à peine à se structurer.

Olivia Giacobetti ne suit pas la voie scolaire de l’ISIPCA. Sa formation se fait par compagnonnage. Après son apprentissage chez Annick Goutal, elle rejoint Robertet, maison de composition installée à Grasse (France) et spécialisée dans les matières premières naturelles. Elle y passe sept années comme assistante parfumeur, période pendant laquelle elle se forme à la composition technique et au travail des absolues et des essences. Cette filiation grassoise, plutôt que versaillaise, reste un repère pour comprendre la nature de son écriture : un attachement aux matières naturelles, une économie de moyens, une préférence pour les compositions courtes.

En 1990, à vingt-quatre ans, Olivia Giacobetti fonde sa propre société de création indépendante, Iskia. La structure lui permet de signer des compositions à façon pour des maisons qui n’ont pas leur parfumeur intégré. Les commandes arrivent vite et touchent des maisons qui deviendront, chacune à sa manière, des références de la niche française : L’Artisan Parfumeur, Diptyque, et plus tard Hermès. C’est aussi pour Iskia qu’elle conserve une totale liberté éditoriale, refusant de signer en exclusivité pour un grand groupe.

Boutique de parfumerie élégante
Image d’illustration parfumerie · à remplacer par photo officielle ou kit presse

La première reconnaissance publique arrive en 1994, avec Premier Figuier, signé pour L’Artisan Parfumeur. La composition, construite autour de la feuille et du fruit de figuier, est documentée par la presse spécialisée comme l’un des premiers parfums grand public à avoir mis cette matière au centre d’une création complète. Deux ans plus tard, en 1996, elle signe pour Diptyque Philosykos, qui prolonge l’intuition de l’accord figue dans une lecture plus verte et plus boisée. Le duo Premier Figuier et Philosykos installe durablement l’accord figue dans la écriture de la parfumerie de niche internationale.

La fin de la décennie est dense. En 1999, Olivia Giacobetti livre trois compositions marquantes : Hiris pour Hermès, un soliflore iris construit autour de la racine iris pallida, présenté par la maison comme une ode féminine à la déesse Iris ; Passage d’Enfer pour L’Artisan Parfumeur, un encens lilial nommé d’après la rue parisienne où se trouve le siège historique de la maison ; et Ofrésia pour Diptyque, un freesia traité en aquarelle florale. L’année 2000 marque la sortie de Tea for Two, toujours pour L’Artisan, autour d’un accord thé noir, épices et tabac qui deviendra l’une des compositions cultes de la maison.

En mars 2003, Olivia Giacobetti franchit le pas qu’avait franchi avant elle Annick Goutal : elle fonde sa propre maison de parfumerie, IUNX, avec le soutien financier du groupe japonais Shiseido. La maison propose des parfums, mais également des bougies et des produits pour le corps, et défend une distribution sélective et confidentielle. Olivia Giacobetti en signe l’intégralité du catalogue et en assure la direction créative. En parallèle, elle continue à composer pour les maisons qui l’ont accompagnée, ainsi que pour Lubin, pour laquelle elle livre en 2005 Idole de Lubin, un oriental sec autour du rhum, du cuir et de l’ébène, parfum qui sera reformulé et relancé en 2011.

Parfums emblématiques

Les créations d’Olivia Giacobetti s’étendent sur plus de trois décennies, depuis Premier Figuier en 1994 jusqu’au catalogue de sa propre maison IUNX. Voici sept compositions documentées, croisées sur Wikipedia, Fragrantica et Parfumo, qui ont marqué sa carrière.

AnnéeMaisonParfumFamille olfactive
1994L’Artisan ParfumeurPremier FiguierBoisé vert figue
1996DiptyquePhilosykosBoisé vert figue
1999HermèsHirisFloral iris (soliflore)
1999L’Artisan ParfumeurPassage d’EnferEncens lilial
1999DiptyqueOfrésiaFloral freesia (soliflore)
2000L’Artisan ParfumeurTea for TwoBoisé épicé, accord thé noir
2005LubinIdole de LubinOriental sec, cuir et rhum

Signature olfactive

L’écriture d’Olivia Giacobetti se reconnaît à un trait constant : la retenue. Les compositions sont courtes, le nombre de matières contenu, les sillages discrets et les drydown clairs. La parfumeuse a installé sa écriture dès le milieu des années 1990, à un moment où la parfumerie de niche française cherchait des écritures alternatives aux compositions amples et démonstratives de la décennie précédente. La presse spécialisée (Bois de Jasmin, Now Smell This, ÇaFleureBon) qualifie régulièrement ce travail de parfumerie transparente, l’inscrit dans l’école française et la rapproche de l’approche de Jean-Claude Ellena, sans assimilation.

Trois matières structurent son répertoire. La figue d’abord, qu’elle traite à travers la feuille verte, le fruit lacté et le bois clair, avec Premier Figuier en 1994 puis Philosykos en 1996 comme références. Le thé ensuite, avec Tea for Two en 2000, où l’accord thé noir épicé et tabac fonde une lignée que d’autres parfumeurs reprendront. L'iris enfin, traité en soliflore dans Hiris pour Hermès en 1999, autour de la racine iris pallida et d’un cortège poudré. À ces trois ancres s’ajoutent l’encens lilial de Passage d’Enfer, les bois clairs, le foin, le tabac et les fleurs traitées en aquarelle légère, comme le freesia d’Ofrésia (1999).

Je préfère retirer une matière plutôt qu’en ajouter une. Un parfum bien composé est un parfum dont on ne peut plus rien retirer. Olivia Giacobetti, propos rapportés

Caractéristiques clés

Matières fétiches
Figue (feuille, fruit, bois), thé noir et vert, iris, encens, foin, tabac, bois clairs
Familles de prédilection
Soliflores, boisés verts, encens liliaux, accords thé
Accords récurrents
Figue lactée, thé noir épicé, iris poudré, encens froid
Caractéristique distinctive
Compositions courtes, sillages discrets, transparence assumée, drydown clair

Questions courantes

Comment Olivia Giacobetti a-t-elle appris la parfumerie ?01
Hors de la voie de l’ISIPCA. Elle entre à 16 ans chez Annick Goutal à Paris, puis rejoint la maison de composition Robertet à Grasse (France), où elle passe sept années comme assistante parfumeur avant de fonder Iskia en 1990.
Quand Olivia Giacobetti a-t-elle fondé sa propre maison ?02
D’abord Iskia en 1990, sa société de création indépendante. Puis IUNX en mars 2003, sa propre ligne de parfums lancée avec le soutien financier du groupe japonais Shiseido.
Quel est le parfum le plus connu d’Olivia Giacobetti ?03
Deux compositions figue se disputent ce statut : Premier Figuier pour L’Artisan Parfumeur (1994) et Philosykos pour Diptyque (1996), tous deux documentés comme références fondatrices de l’accord figue en parfumerie.
Quels parfums Olivia Giacobetti a-t-elle créés pour Hermès ?04
Hiris en 1999, soliflore iris construit autour de la racine iris pallida, ainsi que Paprika Brasil pour la collection Hermessence en 2006.
Olivia Giacobetti a-t-elle étudié à l’ISIPCA ?05
Non. Sa formation est celle d’une parfumeuse de maison de composition, transmise par l'apprentissage chez Annick Goutal puis chez Robertet, école traditionnelle de la parfumerie grassoise.

Voir aussi

Sources et méthodologie

Cette fiche a été composée par croisement de sources publiques de référence. Chaque fait (date de naissance, fondation d’Iskia et d’IUNX, années de création des parfums, collaborations) a été vérifié sur trois sources convergentes minimum, selon la règle éditoriale Osmetheca.

Dernière vérification factuelle : 18 mai 2026 · Auteure : Sabrina Carlier · Osmetheca