Linda Pilkington, fondatrice d'Ormonde Jayne, dans la boutique londonienne de la maison
Linda Pilkington dans la boutique Ormonde Jayne. © Ormonde Jayne.

Journal · Entretien

À cœur ouvert avec Linda Pilkington

Nous avons le privilège de nous entretenir longuement avec Linda Pilkington, qui a fondé Ormonde Jayne il y a vingt-cinq ans et qui en est restée la propriétaire. De son premier atelier à celui du Kent, si vaste qu'on y garerait des avions, elle nous raconte son métier tel qu'il est devenu, avec une générosité et une franchise rares, du premier flacon au dernier tampon de traçabilité. Une leçon de parfumerie indépendante.
Type · Entretien
Durée de lecture · 13 min
Auteure · Sabrina Carlier
Publié · 16 octobre 2026

Vingt-cinq ans de carrière, de la fabrication de bougies pour Chanel à une maison indépendante vendue dans le monde entier : avec le recul, qu'est-ce qui vous a le plus surprise ?

Je ne parlerais pas de surprise, plutôt de gratitude. Je suis reconnaissante que le monde du parfum soit accessible aujourd'hui. Autrefois, il fallait un gros investissement, mais surtout des relations, ou une attache dans une maison de Grasse. Là-bas, beaucoup de parfumeurs sont apparentés. Le métier se transmet de génération en génération, et le népotisme y est courant. Je n'avais pas ces contacts, et j'ai pourtant réussi à pénétrer ce monde et à en faire partie, sans trop de difficulté. Je n'y serais jamais arrivée sans internet.

J'avais beaucoup de livres, ceux dans lesquels on étudie la parfumerie, à commencer par le Poucher. Les formules étaient pleines de molécules et d'ingrédients de synthèse dont j'ignorais tout. Un autre ouvrage m'a tirée d'affaire : il donnait la longue liste de ces matières et disait, pour chacune, de quoi il s'agissait. Tout était décomposé.

Il me restait à les obtenir, et je n'avais personne à qui demander des échantillons. Appeler les maisons de Grasse était exclu : elles n'allaient pas se mettre à m'envoyer des flacons, je n'étais personne dans ce métier. C'est par internet que j'ai trouvé, à Paris, des gens qui détenaient certaines de ces matières. Ils les vendaient très cher et jamais moins de cent millilitres, mais au moins ils me les vendaient.

Il fallait encore tout le reste : un atelier, une licence d'alcool, des machines de filtration, et comprendre ce que signifie fabriquer soi-même. C'était assez compliqué, parce que cela prenait un temps fou. Et puis, par chance, un jour, un homme est entré dans ma boutique : il voulait se servir de ma licence et de mon atelier. C'était Geza Schoen, parfumeur, formé chez Haarmann & Reimer. Il en était parti parce qu'il voulait créer lui-même et qu'on ne le lui permettait pas. Il habitait à cinq minutes de mon atelier, et il m'a demandé s'il pouvait venir travailler dans le mien. Bien sûr que j'ai dit oui.

Chacun apportait ce que l'autre n'avait pas. Moi, c'était tout le côté technique du métier, que j'avais appris par moi-même : comment on filtre un parfum, où l'on trouve les flacons, comment on organise une sertisseuse. Lui arrivait avec des formules. Quand je lui ai soumis mon idée, celle de travailler des matières que personne n'employait, il m'a demandé pourquoi je tenais à me compliquer la vie. Je lui ai répondu que c'était ce qui me semblait juste pour moi.

Avec Geza, nous nous sommes entraidés pendant deux ans, et c'est lui qui m'a présentée à Expressions Parfumées. Ils m'ont invitée à venir leur montrer ce que je faisais, et ils ont accepté de me soutenir parce qu'ils étaient eux aussi une entreprise familiale. Je travaille avec eux depuis vingt-cinq ans. Chaque année ils m'envoient de nouvelles huiles, et chaque année ils viennent me voir à l'atelier. J'ai eu cinq ateliers depuis le début ; le dernier est dans le Kent, immense, assez vaste pour y garer des avions.

J'ai parcouru ces vingt-cinq ans sans jamais perdre mon indépendance. Ma chance, c'est d'être arrivée au moment où la niche a commencé à prendre. Avant cela, c'était très difficile de se faire une place quand on n'était ni introduit, ni de Grasse, ni français.

Ormonde Jayne est connue pour employer des matières que l'industrie du parfum n'utilise presque pas. Comment un parfum prend-il forme dans votre tête ?

J'ai beaucoup voyagé, et j'ai fini par ouvrir une boutique de glaces où l'on ne trouvait pas les parfums fraise, chocolat ou vanille : c'était cardamome ou noix de muscade. C'était il y a longtemps, très longtemps. Je ne vous dirai pas combien, vous devineriez mon âge.

En passant au parfum, j'ai voulu garder la même philosophie. De mes voyages, il me restait de petites quantités de matières rares, comme de l'oud, des attars ou des huiles de Taïf. J'avais aussi un flacon d'huile de champaca. Personne n'en faisait de parfum, et j'y ai vu un bon point de différence. Christian Dior en mettait une trace dans l'un des siens, alors que moi je voulais en faire la matière principale.

Quand je suis arrivée chez Expressions Parfumées, ils m'ont dit : votre philosophie, celle d'employer des matières inhabituelles, cela porte un nom, les huiles de spécialité. Ils en tiennent une liste. Les grandes maisons ne peuvent pas s'en servir, faute d'en trouver assez, mais une maison de ma taille, oui. Ils m'ont envoyé leur liste sur-le-champ, par fax, comme cela se faisait à l'époque.

En tête de la liste venait le black hemlock. J'ai aimé l'idée pour la connotation qu'elle porte : en anglais, le mot hemlock désigne aussi la ciguë, Socrate en boit et il meurt. J'ai trouvé cela merveilleux. C'est avec cette matière que j'ai lancé Ormonde Woman, notre parfum signature, et Champaca, Tolu et Frangipani ont suivi. Expressions Parfumées et Geza Schoen m'ont formidablement aidée.

Comme personne ne travaillait ces matières, on a commencé à parler de nous. Les gens entraient dans la boutique pour me demander ce qu'était l'oud ou le champaca. Je leur montrais l'oud pur, qui n'a rien d'agréable, même si moi je l'aime bien. Ils voulaient également savoir comment je m'en étais servie, et où je l'avais trouvé. C'était une période très excitante : avoir cette idée en tête, et pouvoir enfin la réaliser.

En vingt-cinq ans, quel parfum a été le plus difficile à réussir ?

Il y a des parfums que nous n'avons jamais lancés parce qu'ils ne sont pas assez bons. Notre bougie Casablanca Lily a beaucoup de succès, mais chaque fois que j'ai essayé d'en faire un parfum, au bout de deux ou trois minutes il ne sentait plus que le lys, et je ne veux pas d'un parfum qui ne sente qu'une seule fleur. Celui-là, je ne suis jamais parvenue à le commercialiser.

D'autres m'ont donné du mal à composer, et certains sont même devenus impossibles à continuer. Tiare, mon gardénia de Tahiti, a été très difficile, et aujourd'hui je ne peux même plus le faire : le seul homme qui cultivait ces gardénias a arrêté. Black Gold n'a pas été plus simple, et il faudrait le refaire maintenant que le lilas et d'autres matières ne sont plus autorisés. Nous ne vendons plus ni l'un ni l'autre ; nous avons essayé de les reprendre, mais cela ne sentait plus tout à fait pareil.

Si un parfum ne sent plus comme avant, je ne le remets pas en vente. Trop de clients disent que ce n'est plus pareil, et je ne veux pas les contrarier. Je préfère reprendre la formule, l'emmener dans une autre direction et lui donner un autre nom, en prévenant les clients que c'est différent et que cela leur plaira peut-être. Nous ne gardons jamais le nom d'origine, parce que c'est ce qui les contrarie le plus.

Parmi les parfums encore en vente, le plus difficile à réussir a sans doute été Ormonde Woman, notre parfum signature. En faire la pièce maîtresse de la maison a pris du temps, mais nous y sommes arrivés. Il est désormais considéré comme un classique, et il a reçu des distinctions, dont une qui le salue comme un parfum ayant résisté à l'épreuve du temps. J'en suis très fière. C'est ma plus grande fierté, avec Ormonde Man.

Vous venez de lancer la collection Four Corners of the Earth Reimagined. Comment est-elle née ?

Pendant cinq ou six ans, nous sortions chaque début d'année des parfums en édition limitée pour nos meilleurs clients et nos meilleurs partenaires dans le monde. Cela s'appelait la série Montabaco, d'après l'un de nos best-sellers, et nous en avons composé plusieurs variations, notamment Montabaco Cuba, Montabaco Aruba, Montabaco Rio et Montabaco Flor. Le succès a été considérable, mais à force de refaire la même chose, on finit par avoir envie de changer et d'innover.

Quand j'ai annoncé à mes équipes que j'allais arrêter, elles l'ont très mal pris. Elles m'ont dit que la série était très demandée et qu'elles ne voyaient pas comment compenser son arrêt. Je leur ai promis que je trouverais autre chose. C'était plus facile à dire qu'à faire. La collection Reimagined est née de là, du vide qu'il fallait combler.

Sortir de ses habitudes n'est pas si simple. On finit toujours par composer comme on a l'habitude de composer, et par retomber dans le style de la maison, celui qu'on connaît et qu'on aime.

Et puis un matin, à la radio, j'ai entendu David Bowie raconter comment il écrit une chanson. Il découpe des phrases, des titres de films, tout ce qu'il aime, il les pose sur une table, il en tire quelques-uns et bâtit la chanson autour. Je me suis dit que c'était une bonne idée et que j'allais faire pareil. J'ai préparé deux boîtes. Dans la première, ce qui compte pour moi : des films, des lieux, des choses qui me tiennent à cœur. Dans la seconde, une trentaine de matières dont je dispose et que j'aime. Je tirais un papier, puis trois matières, je les notais, et je m'y tenais. Ensuite, évidemment, je devais chercher les autres matières qui s'accordent avec celles-là.

Oud Liaisons vient de Dangerous Liaisons, un film que j'aime beaucoup. J'aurais pu reprendre le titre entier, mais je préfère le mot liaison. Les matières sorties ont été l'oud, puis la réglisse, le citron et la rose. Cela m'a donné une base de travail, et c'était essentiel. Une fois que je savais comment faire, j'ai pu appliquer le même schéma aux autres parfums de Reimagined.

Vous avez travaillé avec trois parfumeuses différentes pour cette collection. Comment choisit-on un parfumeur ?

Ce sont toutes des parfumeuses d'Expressions Parfumées, qui appartient aujourd'hui à Givaudan, et leur façon de travailler a beaucoup changé. Autrefois, le parfumeur travaillait seul devant son orgue à parfums, dans une pièce à part. Chez eux, tout se passe désormais dans une même grande salle, où les gens vont et viennent d'un bureau à l'autre pour discuter. L'esprit y est très ouvert.

Quand je vais les voir à Grasse, toute l'équipe est assise autour de la table. J'explique l'idée, les notes, l'odeur que je veux obtenir. L'un des parfumeurs me dira peut-être qu'il a une idée, qu'il veut s'en charger et qu'il m'enverra des échantillons.

Comme nous travaillons avec Expressions Parfumées depuis vingt-cinq ans, ils connaissent la palette et le style sans que j'aie besoin de les décrire. Notre répertoire n'est pas si large : entre cent soixante-dix et deux cent vingt matières, que nous employons en permanence. Ce ne sont pas des milliers. Nous ne les publions pas toutes, mais certaines forment ce que j'appelle l'accord Ormonde Jayne, celui qui fait qu'un parfum sent la maison : le freesia, le bouton de magnolia, l'hédione. On les retrouve dans presque chaque formule, et ces trois parfumeuses le savent parfaitement.

Je ne cherche pas de nouveaux parfumeurs. Beaucoup se présentent, mais ils ne comprennent pas la palette : ils me conseillent des parfums magnifiques qui ne sont pas les miens. Je ne leur fais plus perdre leur temps, je leur dis que je suis très heureuse là où je suis.

Vos matières viennent-elles d'Expressions Parfumées, ou les cherchez-vous aussi vous-même ?

Les deux. Je cherche mes propres matières, mais je compose exclusivement avec Expressions Parfumées. J'ai travaillé un temps avec IFF (International Flavors & Fragrances). Nous y achetons encore des matières qui existent déjà, mais nous ne créons plus rien avec eux.

Depuis qu'Expressions Parfumées appartient à Givaudan, j'ai accès à la bibliothèque de Givaudan et à des matières qu'ils gardent en exclusivité, comme l'akigalawood. C'est une bonne chose pour moi.

La parfumerie de niche a-t-elle changé depuis vos débuts ?

Mon Dieu, énormément. Il y a vingt-cinq ans, je passais mes soirées dans ma cuisine à faire de petits parfums avec Geza Schoen. Quand l'un d'eux me plaisait, je le laissais reposer quelques jours. J'allais ensuite à l'atelier, je le mettais dans l'alcool, je le laissais mûrir, je le filtrais, je le mettais en flacon, puis je l'apportais à la boutique. Il n'y avait aucun papier à remplir, personne ne demandait rien, pas même les quantités de naturels ou d'absolues. C'était formidable.

Aujourd'hui, c'est de plus en plus compliqué. Nous sommes audités, et nous devons présenter tous nos documents. En parfumerie, il faut être très transparent : si j'écris vanille de Madagascar sur mon site, l'auditeur qui vient à l'atelier veut voir la boîte et le papier qui le prouve. On n'a pas le droit de faire de fausse déclaration. Certains l'écrivent quand même, alors que leur vanille n'est qu'une gousse ordinaire, au quart du prix. Nous, parce que nous sommes indépendants, nous sommes examinés de plus près sur chacune de nos matières. Tout ce que nous publions en ligne est donc exact, puisqu'ils viennent le vérifier. C'est une bonne chose, mais c'est bien plus compliqué qu'avant. Quand un audit s'annonce, nous faisons tous une petite crise de nerfs en attendant ce jour-là.

Que se passe-t-il, concrètement, entre l'idée d'un parfum et le flacon ?

J'explique souvent le processus pour que les gens s'en fassent une image précise. Il y a bien une salle blanche et des blouses blanches, mais pas de laboratoire de James Bond : l'IFRA (International Fragrance Association) et la réglementation ont fait disparaître ce monde-là.

Aujourd'hui, on ne peut plus faire son parfum chez soi, le mettre en flacon, le vendre et l'exporter. Il faut le faire contrôler pour qu'il soit conforme à l'IFRA, le corriger, puis le fabriquer, et déposer les allergènes et la formule réelle sur un portail américain et un portail européen. Tout cela demande des logiciels et des moyens trop importants. À moins de les avoir soi-même, on passe par les grandes maisons de composition, comme IFF, Firmenich ou Givaudan. Tout le métier a changé.

Au départ, c'est moi qui ai l'idée d'un parfum. Je vais à Grasse, ou ils viennent chez moi, et nous en parlons autour d'une table. Ils font ensuite des échantillons en suivant plusieurs pistes, et il arrive que nous repartions de zéro. Nous finissons par avoir le parfum. Ils le rendent alors conforme et m'envoient vingt-cinq litres du parfum, encore sous forme d'huile. Mes équipes récupèrent cette huile et la mélangent à de l'alcool dénaturé. Nous n'en diluons jamais la totalité, seulement de quoi tenir six mois. La dilution part dans de grands fûts. La provenance, le jour, l'heure, le nom de la personne qui l'a préparée, tout est enregistré. Les fûts rejoignent alors la salle de macération, avec leur étiquette. Nous vérifions ensuite que la macération est terminée, puis nous faisons le contrôle olfactif. Nous filtrons, et nous fixons le jour du coulage. Le coulage doit être rapide, car il y a de la poussière dans l'air et aucune particule ne doit entrer dans le flacon. Cinq ou six personnes s'y mettent, avec une machine semi-automatique qui remplit six flacons à la fois. Chaque flacon reçoit aussitôt sa pompe, puis on sertit et on met le capot. Les flacons passent dans une autre salle, où l'équipe vérifie que tout est parfait et les met en boîte. Chaque boîte reçoit son tampon de traçabilité, consultable en ligne, et le code de l'acheteur. Nous savons donc, pour chaque flacon, à qui nous l'avons vendu et quel jour. La boîte est enfin mise sous cellophane et part au stock, d'où elle sera expédiée.

Votre maison est indépendante depuis vingt-cinq ans. Quelle est votre force ?

Nos clients. Nous avons un fichier de cinquante à soixante mille personnes à qui nous vendons depuis vingt-cinq ans. Quand j'ai ouvert, des gens venaient d'Amérique, du monde entier, dans ma petite boutique, et ces mêmes clients achètent encore aujourd'hui.

Certaines maisons démarrent avec un investissement important et réussissent un lancement considérable. Ensuite, plus personne ne revient acheter un second flacon. C'est toute la différence, et c'est cette fidélité de nos clients qui me permet de rester indépendante.

Repères de lecture

Poucher · Poucher's Perfumes, Cosmetics and Soaps, manuel de référence de la parfumerie, publié depuis 1923.

Huiles de spécialité · matières dont la production mondiale est trop faible pour alimenter une grande maison.

Diluer par lots · dans un fût scellé, le concentré ne connaît presque aucun échange d'air, donc il s'oxyde peu. Dilué dans l'alcool, le parfum devient moins stable et vieillit plus vite, et c'est pourquoi l'extrait se garde plus longtemps que l'eau de toilette. On ne dilue donc que ce qui sera vendu à court terme. Mais le concentré a lui aussi une date limite, et l'atelier tient ces deux durées ensemble.

Les trois parfumeuses de Reimagined · Anne-Louise Gautier signe Oud Liaisons, Céline Ripert Patchouli d'Atlas, Élodie Bernard Bijou Zafran et Vanilla Aube. Toutes trois chez Expressions Parfumées, à Grasse.

Avant le parfum · selon le récit de la maison, Linda Pilkington voyage au Moyen-Orient et en Asie, y rassemble épices, huiles et étoffes, s'installe en Amérique du Sud et y ouvre un salon de glaces, avant de rentrer à Londres où Chanel Joaillerie lui commande ses premières bougies parfumées.

Voir aussi

Sources

  • Entretien original de Sabrina Carlier avec Linda Pilkington, fondatrice d'Ormonde Jayne, réalisé en visioconférence le 1er septembre 2026, transcription horodatée. Entretien conduit en anglais ; les réponses sont son propos réécrit en français à partir de la transcription. Propos recueillis et relus par l'interviewée.
  • Ormonde Jayne, site officiel de la maison
  • Correspondance directe avec l'équipe d'Ormonde Jayne, juin 2026, pour les faits de fondation et de production.
Publié le 16 octobre 2026 · Auteure : Sabrina Carlier · Osmetheca.